Cela fait plus d’un mois que je n’ai rien écrit ici.
Pas par manque d’envie.
Pas par oubli.
Mais parce que la vie, parfois, nous invite à bouger avant même que nous ayons trouvé les mots.
Depuis décembre, beaucoup de choses ont changé pour moi.
Un retour au salariat à 60 %.
Un mandat de business development à 20 %.
Et, de fait, moins de temps pour mon activité indépendante de formatrice.
Pendant longtemps, j’aurais pu raconter cette histoire comme un renoncement.
Comme un « retour en arrière ».
Comme un échec à peine déguisé.
Aujourd’hui, je choisis de la raconter autrement.
Le changement n’est pas toujours confortable… mais il peut être profondément juste
Changer, ce n’est pas toujours ajouter.
Parfois, c’est rééquilibrer.
Parfois, c’est sécuriser.
Parfois, c’est faire un pas de côté pour mieux respirer.
Revenir au salariat, dans une société qui valorise l’indépendance, l’entrepreneuriat et le « toujours plus », peut heurter l’ego.
Mais à vrai dire, ce choix n’a rien d’un recul.
C’est une décision consciente de mise en sécurité.
Et quand on connaît la théorie polyvagale, cette phrase prend tout son sens.
Ce que la théorie polyvagale change dans notre rapport au mouvement
La théorie polyvagale nous rappelle une chose essentielle :
nous ne prenons pas de décisions uniquement avec notre tête, mais avec notre système nerveux.
Quand nous sommes en insécurité (stress chronique, surcharge, pression du regard des autres), le changement est vécu comme une menace.
On doute.
On se justifie.
On rumine le « qu’en dira-t-on ».
À l’inverse, quand nous sommes dans un état de confiance (état ventral), tout devient plus clair :
- la solution évidente émerge,
- les actions à poser sont simples,
- les rencontres arrivent au bon moment,
- les choses se mettent en place avec une étonnante fluidité.
La décision peut rester exigeante, oui.
Mais elle n’est plus violente à l’intérieur.
Et c’est exactement ce que j’ai vécu.
Quand l’alignement remplace la justification
Quand l’alignement remplace la justification
Quand on est aligné :
- on ne passe plus de temps à se défendre,
- on n’essaie pas de convaincre,
- on n’explique pas pour être validé.
On sait.
Et ce savoir est calme.
Revenir au salariat, dans ce contexte, n’est pas une fuite.
C’est un choix écologique, pour le système nerveux, pour la vie personnelle, pour la suite du chemin.
Parce que nous ne lisons pas tous le changement de la même manière…
LSi tu te reconnais dans l’un de ces profils, peut-être que cette décision résonnera différemment :
- 🔴 Profil rouge – manager, orienté résultats
Le changement est ici une stratégie. Une manière d’optimiser l’énergie, de sécuriser une base pour mieux repartir. - 🔵 Profil bleu – précis, analytique
C’est une décision rationnelle, fondée sur une analyse réaliste des ressources disponibles et des contraintes actuelles. - 🟢 Profil vert – sécurité, relation
Le retour à une structure stable permet de préserver l’équilibre émotionnel, le lien, la continuité. - 🟡 Profil jaune – créatif, visionnaire
Ce pas de côté nourrit l’espace intérieur, libère la créativité et ouvre de nouvelles perspectives inattendues.
Aucun de ces regards n’est plus juste qu’un autre.
Ils racontent simplement différentes manières de traverser le mouvement.
Un exercice pour se remettre en sécurité quand tout bouge
Dans les périodes de questionnement, notre premier besoin n’est pas de décider, mais de nous sentir en sécurité.
C’est à partir de là que la clarté peut émerger.
Je te propose un exercice simple, inspiré de la théorie polyvagale, à faire chaque fois que tu te sens dans le flou ou sous pression.
L’exercice des trois ancrages de sécurité (5 à 7 minutes)
Installe-toi confortablement, assis·e ou debout, les pieds bien en contact avec le sol.
1. L’ancrage corporel
Porte ton attention sur tes appuis : tes pieds, ton bassin, ton dos.
Inspire lentement par le nez, puis expire un peu plus longuement par la bouche.
Répète trois fois.
2. L’ancrage relationnel
Pense à une personne, un lieu ou un moment où tu t’es senti·e profondément en sécurité.
Pas besoin d’image précise : une sensation suffit.
Observe ce qui change dans ton corps.
3. L’ancrage de clarté
Pose-toi cette question, sans chercher à y répondre mentalement :
« Si je me sentais en sécurité là, maintenant… qu’est-ce qui deviendrait évident ? »
Accueille ce qui vient : un mot, une image, une micro-action.
Cet exercice ne sert pas à forcer une décision.
Il permet simplement de ramener le système nerveux dans un état où les bonnes décisions deviennent accessibles.
Accueillir le changement, ce n’est pas se résigner
C’est écouter.
C’est ajuster.
C’est reconnaître que la sécurité n’est pas l’ennemie de l’élan, mais souvent sa condition.
La théorie polyvagale nous offre cette boussole précieuse :
quand je me sens en sécurité, je vois plus clair.
Et quand je vois clair, je choisis mieux
Pour aller plus loin
Si ce sujet te touche, tu peux poursuivre la réflexion ici :
- Découvrir la théorie polyvagale : Polyvagal Institute | Stephen Porges
- Explorer le lien entre sécurité intérieure et prise de décision : https://www.nicabm.com/
- Réfléchir au rapport culturel au travail et à la réussite : Prise de décision dans les organisations | Éducation à l’impact des entreprises à Harvard
Et si tu veux être accompagné·e
Si tu traverses une période de transition — personnelle ou professionnelle — sache que tu n’as pas à faire ce chemin seul·e.
👉 J’accompagne des personnes et des équipes à :
- mieux comprendre leurs réactions face au changement,
- sortir du stress chronique ou de la paralysie,
- retrouver un état de confiance pour décider et agir avec justesse.
Que ce soit lors d’une conférence, d’un atelier ou d’un accompagnement individuel, la théorie polyvagale devient un véritable levier de clarté et de mouvement.
✨ Tu peux découvrir mon approche ici :
https://www.emmanuelleossola.com/