Ralentir sans renoncer : les cycles de la confiance

Ralentir n’est pas échouer. Découvrez pourquoi les cycles professionnels renforcent la confiance et une vente plus alignée.

Ces derniers mois, j’ai ralenti.

J’ai repris un poste salarié à 60 %.
J’ai accepté un mandat de business développement à 20 %.
Et, presque naturellement, mon activité indépendante s’est mise en veille.

À première vue, cela pourrait ressembler à un pas en arrière.
Dans une culture qui valorise la croissance continue, ralentir peut sembler suspect.
Comme si l’élan devait être permanent pour être légitime.

Comme je l’évoquais déjà dans mon article sur le changement, revenir en arrière n’est pas toujours un recul, c’est parfois une redirection.

Pourtant, en réalité, tout système vivant fonctionne par cycles.

Chemin dans la brume symbolisant une phase de transition et de ralentissement professionnel.
Chemin dans la brume symbolisant une phase de transition et de ralentissement professionnel

Nous ne sommes pas faits pour l’accélération constante

La biologiste Lyne Margulis rappelait que la vie se développe par coopération et adaptation, bien plus que par compétition pure.

La nature alterne expansion et dormance. Les arbres ne produisent pas de fruits en continu. Les sols se régénèrent.

De la même manière, le chercheur Anders Ericsson, spécialiste de la performance, a montré que l’excellence repose sur des phases de récupération autant que sur l’entraînement. Sans récupération, la performance décline.

Dans un parcours entrepreneurial, les cycles de ralentissement professionnel sont souvent des phases de consolidation invisibles mais essentielles à une croissance durable.

Et pourtant, dans l’entrepreneuriat comme dans le salariat, nous agissons souvent comme si nous pouvions être en “mode haute intensité” en permanence.

Or, notre système nerveux n’est pas conçu pour cela.

Moment d’introspection pendant une période de transition professionnelle.
Moment dintrospection pendant une période de transition professionnelle

Ce que dit la théorie polyvagale

Stephen Porges, à l’origine de la théorie polyvagale, explique que notre organisme cherche d’abord la sécurité avant toute chose.

Lorsque la sécurité est perçue, nous pouvons entrer dans l’engagement, la créativité, la relation.

Mais lorsque les ressources diminuent (fatigue, surcharge, pression) le système nerveux ajuste. Il peut réduire l’expansion pour préserver l’équilibre.

Autrement dit : ralentir est parfois un mécanisme intelligent.

Ce n’est pas un échec.
C’est une régulation.

La confiance en soi dans la vente ne naît pas d’une technique parfaite, mais d’un état intérieur régulé et sécurisé.

Pause stratégique ou évitement ?

Bien sûr, la question est légitime.

Il arrive que nous utilisions le ralentissement pour éviter l’inconfort : visibilité, confrontation, prise de risque.
Cependant, il existe une différence subtile entre fuir et s’ajuster.

Le psychologue Donald Winnicott parlait de la capacité à “être seul en présence de l’autre” comme d’un signe de maturité.

Peut-être pourrions-nous parler aussi de la capacité à ralentir sans nous abandonner.

Lorsque j’ai mis mon activité en pause, je ne me suis pas effacée.
Mon énergie s’est déplacée.

Avec douceur, j’ai consolidé ma sécurité financière.
J’ai observé mes envies réelles.
Quand il était temps, j’ai laissé le mouvement revenir naturellement.

Et ces derniers jours, des demandes pour la formation “La vente est un jeu” ont réapparu.

En douceur.
Sans stratégie agressive.
Comme un mouvement organique.

Car vendre autrement, c’est d’abord créer un lien avant de chercher un résultat.

La pression de la ligne droite

Notre société valorise la progression linéaire : toujours plus, toujours mieux, toujours visible.

Pourtant, le sociologue Hartmut Rosa parle d’“accélération sociale”.

Revenir au salariat, ralentir, réduire une offre… cela va à contre-courant du discours dominant.

Et pourtant, cela peut être profondément aligné.

Février : le mois de l’entre-deux

Moment d’écriture et d’introspection pendant une phase de ralentissement professionnel.
Moment décriture et dintrospection pendant une phase de ralentissement professionnel

Février est souvent discret.
L’élan des résolutions s’effrite.
Le printemps n’est pas encore perceptible.

C’est un mois de latence.

Et si cette latence était nécessaire ?

La psychologue Carol Dweck rappelle que le développement dépend aussi de la manière dont nous interprétons les périodes de stagnation.

Accepter les cycles entrepreneuriaux permet de développer une performance plus stable, plus humaine et plus alignée.

Un exercice pour clarifier votre mouvement

Si vous traversez une phase de ralentissement, prenez quelques minutes pour écrire :

  • Qu’est-ce que je cherche à protéger en ralentissant ?
  • De quoi ai-je réellement besoin ?
  • Est-ce une peur qui me freine… ou un ajustement qui me protège ?
  • Si je revenais sans pression, quelle serait la première action simple et douce ?

L’objectif n’est pas de se juger.
Mais de comprendre le mouvement.

Car parfois, se retirer est une manière de consolider sa base avant d’oser plus grand.

Et la confiance, qu’elle soit personnelle ou commerciale, se construit toujours sur cette base sécurisée.

En définitive

Nous avançons rarement en ligne droite.

Nous avançons en spirale.
Avec des phases d’expansion, de consolidation, de retrait et de retour.

Se retirer ne veut pas dire renoncer.
Cela peut être une façon plus mature d’habiter son rythme.

Et peut-être que la vraie confiance ne consiste pas à accélérer sans cesse, mais à savoir quand ralentir.

Si ce texte vous parle, je serais heureuse de lire votre expérience : emma@emmanuelleossola.com

Et si vous sentez que le moment est venu de revenir dans le jeu, les prochaines dates de
La vente est un jeu seront annoncées prochainement.

Ou vous pouvez trouver mon livre sur le sujet de la vente par ici.

Au rythme juste.

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Emmanuelle Ossola Créatrice de lien(s)
Techniques de vente Formation professionnelle Coaching en entreprise Mentorat
Éducation: École Professionnelle Commerciale de Lausanne, Université Ouvrière de Genève, L'Académie Zéro Limite, Ludovic Leroux - Pleine Confiance

De libraire à formatrice et maintenant auteur, j'ai transformé chaque défi en tremplin. Aujourd'hui, j'accompagne les talents en Suisse romande, propulsant vendeurs et professionnels vers leur meilleure version d'eux-mêmes.

Mes formations allient méthode et créativité pour des résultats concrets. Ensemble, osons repousser vos limites et libérer votre plein potentiel.